C’était il y a un peu plus de 3 ans djà Ayk, et je souviens encore de cette invitation comme il ne s’en refuse pas, de l’accueil chaleureux, du soleil généreux et en particulier de tes excellents ‘’Pojarski Oganesyan’’. Il ne nous a guère fallu plus de 90 minutes pour venir depuis St Pétersbourg et probablement 10 km au-dessus de la route impériale reliant les 2 capitales. 


L’auberge vers 1910 environ 

 L’histoire veut que le tsar Nicolas 1er se soit arrêté à l’improviste sur cette route, à peu près à mi-chemin à Torjok plus précisément2 – la roue de son carrosse s’étant brisée – chez l’aubergiste le plus connu du lieu, un nommé Pojarski connu déjà loin à la ronde et depuis longtemps pour ces fameuses côtes de veau. Comble de malchance ou de chance c’est selon : de la viande de veau, il n’y en avait plus. La fille Pojarski, Daria, imagina de prendre “ce qui restait”, ce fut de la chair de volaille qu’elle roula dans de la chapelure, elle donna au tout la forme d’une côte, sans oublier pour faire plus vrai d’y adjoindre le fameux os. Lorsque le tsar fit appeler Daria, la fille baissa la tête, craignant le courroux du tsar. Mais ce dernier, d’humeur généreuse après un excellent repas, récompensa la famille et introduisit même le Pojarski dans le menu impérial3. Je me demande si ce Pojarski, aubergiste, était de la famille du prince Dmitri Pojarski de Souzdal, l’un des héros de la révolte patriotique contre les Polonais au XVIIème siècle. Je revois bien sûr encore le monument de Minine et Pojarski, installé sur la Place rouge, sur le piédestal duquel il est écrit ‘’Au citoyen Minine et au prince Pojarski la Russie reconnaissante’’. 

  1.  “datcha/dimanche/détente”
  2.  Peut-être en 1834
  3.  Par la suite l’astucieuse famille Pojarski s’est présentée en tant que “Fournisseur de la Cour impériale’’.


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