Cette expression se disait à propos du mauvais latin. Il s’agit en fait d’une langue inventée en Italie au XVIème siècle pour écrire de la poésie ; elle est composée de mots empruntés au langage populaire auxquels on ajoute des terminaisons et une syntaxe latine.

Le latin de cuisine serait le jargon de gens peu cultivés, un peu comme une préparation culinaire incongrue, “fabriquée” le plus souvent pour rire ou pour se moquer. Cette métaphore de latin de cuisine a longtemps été concurrencée par une autre venue d’Italie, que l’on connait sous le nom de langage macaronique1.
Ce langage est attribué à Theophilo FOLENGO, surnommé Merlino Coquus (1491-1544), ce moine défroqué après avoir enlevé une jeune femme noble, et fait les quatre cents coups en voyageant à travers les Etats de la péninsule Italienne. Merlino le ‘’cuisinier’’, assagi et repenti, se retira dans un couvent où il écrivit ses aventures dans un monumental poème rempli de descriptions gastronomiques, scientifiques et burlesques dont s’inspireront Rabelais, Molière et Balzac2 intitulé : La Macaronée de Merlin Coccaï3.

Dans ce genre burlesque, tout nouveau à l’époque, s’entre-mêlent les mots latins et le langage populaire. Représentatif du rapprochement entre l’univers culturel des nobles et des érudits (possédant la culture et sa langue, le latin) et le monde prosaïque de la cuisine. Le latin de cuisine serait du latin déformé, utilisé et compris par les marmitons. Cependant, à travers ce style inhabituel, savoureux, mais en apparence peu sérieux, Theophilo FOLENGO manifeste une grande érudition. 

 L’une des premières éditions de l’ouvrage représentant l’auteur couronné de lauriers, assis entre deux femmes à une table, ouvrant la bouche devant une fourchette à deux dents, au bout de laquelle est piqué un macaroni. 
  1.  Le langage dit ‘’Macaronique’’, est écrit dans une langue inventée au XVème siècle en Italie, pour écrire des poésies. Elle est composée de mots de la langue maternelle de l’auteur auxquels on ajoute une syntaxe et des terminaisons latines.
  2.  Tiré de : O. de Rudder, aux petits oignons ! Cuisine et nourriture dans les expressions françaises, Larousse 2006
  3.  Ce qui signifie : Le plat de macaroni offert au public par le cuisinier Merlin  

Nos partenaires